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«ISSF Grand Prix Rapid Fire 2011» par Christian Raynaud |
JOURNAL |
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A l’invitation très exceptionnelle de l’ISSF, 37 tireurs venus de par le monde se sont rencontrés à Munich : il s’agissait de présenter, d’expliquer, de tester puis d’analyser la nouvelle organisation des finales olympiques et mondiales dans la discipline « Rapid Fire Pistol ». A dire vrai, l’ISSF avait déjà annoncé comme acquise cette réforme des finales… avant la fin de 2010. Il y eut évidemment des réclamations contre cette décision, dont celle du président européen Vladimir Lisin, qui n’était pas sans importance ! La première de ces remarques, procédurière mais exacte, était que l’on ne change les règlements qu’après les Jeux Olympiques. En effet, les athlètes se préparent durant toute une olympiade selon un mode de compétition stable.
A première vue et sur papier, les nouvelles finales s’annonçaient comme très compliquées. Le mieux est de vous faire le récit de ces 3 journées de tir intensif. Le principe d’abord : à l’issue du match en ligne traditionnel (2 séries en 8 sec., 2 en 6 sec. et 2 en 4 sec. forment une première passe. La répétition de ce programme le lendemain donne le total sur 600 points et le classement de qualification), on retient les 6 premiers pour tirer la finale. Jusqu’ici, c’est comme auparavant.
Un seul incident valable est autorisé, mais sans pénalité. Exemple : si le tireur ne réussit qu’une seule mouche avec un incident au 5ème coup, il peut quand même faire 5 en seconde série. Un coup tiré trop tard est marqué OT (Out if time) et, de plus, une pénalité de 1 point est soustraite du total. C’est la double peine !
. Ensuite, l’arbitre annonce le nom du tireur au premier poste à gauche. Celui-ci peut alors approvisionner son arme et se tenir prêt car l’arbitre n’attend que 15 secondes avant d’annoncer « attention » en allumant les lampes rouges. Puis il ne compte plus « 3,2,1, start » mais la lampe verte qui permet le tir vient automatiquement après 7 sec. Après le tir, les lampes rouges reviennent pour 10 à 14 sec. et c’est l’annonce du résultat (exemple : « 4 hits »). Les lampes s’éteignent ensuite. Aussitôt, l’arbitre nomme le second tireur. Il attend 14 sec., dit « attention » et les lampes rouges reviennent pour 7 sec. Et ainsi de suite. Après que les 6 concurrents aient tiré 4 séries complètes en 4 sec., le tireur qui a le moins de points est éliminé. Les 5 qui restent tirent une série de plus, le dernier sort aussi, etc. A la fin, il ne reste qu’un « duel » entre 2 pour attribuer l’or ou l’argent ! En résumé, ce tir est très amusant. En fait, ce type de tournoi par élimination directe l’a toujours été. Cependant, nous avons (personnellement, mais cet avis fut celui de nombreux compétiteurs) une petite réserve sur l’attribution d’une médaille olympique ou d’un titre mondial après cet exercice plaisant mais probablement un peu injuste. Sur l’exemple de Munich cette fois-ci, le français Daumal a terminé son match avec 584 points ; il fut le second à quitter la finale et c’est le polonais Podgorski qui l’a emporté alors qu’il avait seulement 579. De plus, l’aspect « Lotto » du comptage «1 ou zéro» a été prouvé tout au long de ces journées lorsque même les meilleurs obtenaient 2 ou 3 après des séries à 5/5. Terminons avec le planning de ce stage/compétition. Mardi matin : séries d’entraînement (2x8 sec, 2x6
sec, 4x 4 sec.).
Lors du repas final (qui a réuni tireurs, coachs et organisateurs), nous avons bien compris l’enthousiasme de l’ISSF pour une discipline qui devient très spectaculaire et « télégénique » ! A les en croire, c’est la survie du tir à FEU aux JO qui en dépend et le « Rapid Fire Pistol » porte leurs plus grands espoirs. En tout cas, les constructeurs de cibles électroniques se frottent déjà les mains ! De plus, l'infrastructure indispensable implique des stands complexes et coûteux que l'on ne trouve pas dans chaque village!
Il est parfaitement clair que la pratique quotidienne de cibleries électroniques intérieures permet, seule, d’espérer de bons résultats. La convivialité libre de toute concurrence (on n’était pas en recherche de quotas !) nous a permis de nombreux échanges d’idées, de techniques, de préparations, etc. Une dernière déprime pour la route : le tireur le moins bien préparé parmi les présents à Munich (nous, belges, mis à part) s’entraîne 2 h par jour… Nos résultats : Wim Franssens (VSK) : 282 (bonne passe) puis 261 (il
a reconnu être stressé) Total 543. Son Walther SSP fonctionne bien. Les pistolets majoritairement utilisés étaient des
PARDINI (27 !). Il y avait 2 TESRO, 1 MORINI, 2 WALTHER SSP, 5 MATCH-GUNS.
Sur les 5 exemplaires de cette marque, et ce fut le paradoxe, on a vu celui du
vainqueur Podgorski mais aussi 2 en panne (le français Artaud et
moi-même)! |
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